CROIX EN TUF DU VIMEU

Première partie: de A à D

ACHEUX-EN-VIMEU

Acheux-en-Vimeu- Croix en tuf au chevet de l'église
Acheux-en-Vimeu- Croix en tuf au chevet de l'église

 

 

 

 

 

 

Acheux-en-Vimeu

 

L'église Sainte Marie-Madeleine d'Acheux-en-Vimeu est du 13° siècle, remaniée au 15°. Une tour s'élève au milieu de l'église. A l'extérieur, la base des murs est en tuf. Au sud, s'ouvre un petit portail également en tuf. Une grande partie du parement extérieur est en silex. Les contreforts du chevet très étroits et très saillants sont en forme d'éperon dès la base et subissent plusieurs retraits.

Les fonts baptismaux du 18° sont curieux et nous vous invitons à les découvrir.

                                     PMH, le Pays du Vimeu

Acheux-en-Vimeu- Eglise Sainte-Marie-Madeleine
Acheux-en-Vimeu- Eglise Sainte-Marie-Madeleine

 

 

 

 

Derrière le chevet de l'église Sainte-Marie-Madeleine, l'élégante croix en tuf repose sur un socle du même matériau. Le fût cylindrique, terminé par une importante moulure, est surmonté d'un superbe croisillon. Au bout des bras très courts, un trèfle est sculpté, symbole chrétien de la Trinité, tandis que le centre est évidé d'un losange, autre symbole qui signifie la résurrection du Christ, mais aussi l'union du Ciel et de la Terre.

Comme la croix en fer toute proche, cette croix était peut être une croix de tombe du cimetière qui entoure l'église.

Acheux-en-Vimeu (Frières)

Acheux-en-Vimeu (Frières)- 1996
Acheux-en-Vimeu (Frières)- 1996
Acheux-en-Vimeu (Frières)- 2011
Acheux-en-Vimeu (Frières)- 2011
Acheux-en-Vimeu (Frières)- Aquarelle Oswald Macqueron- 21-09-1859- BM Abbeville
Acheux-en-Vimeu (Frières)- Aquarelle Oswald Macqueron- 21-09-1859- BM Abbeville

Ernest Prarond, dans son histoire des cinq villes et des 300 villages (canton de Moyenneville), p. 106, écrit :

"Miannay : un lieu dans les champs encore marqué d’une vieille croix en pierre, porte le nom de Marconnelle. De l’origine de ce nom Marca, Marconnella , les savants en déduisent un baptême latin. La croix de Marconnelle, un peu plus petite que la croix qui corne à Marca sur Cambron, à peu près semblable à celle qu’on trouve à un embranchement du chemin de Gamaches vers Rogeant, pourrait donner en effet avec ces deux croix et une autre à droite de la route de Rouen (n°28) près de Boencourt une partie des limites d’une circonscription romaine, dont on peut croire Moyenneville, média villa, le centre".

Les trois croix citées par Prarond existent encore (Frières, Cambron et les Croisettes) et l’hypothèse devient séduisante lorsqu’on consulte une carte IGN et où l’on voit bien le triangle presque équilatéral, avec au centre la commune de Moyenneville.

Prarond ne mentionne pas, que ces trois croix sont implantées exactement sur des limites de communes. La croix qui corne est implantée sur la limite entre Moyenneville et Cambron, la croix de « Marconnel » (le terroir porte encore ce nom) est à cheval sur les communes de Frières (Acheux-en-Vimeu) et Miannay. La dernière, celle des Croisettes est à la limite des communes d’Huchenneville et de Boencourt (Béhen).

La carte « Google-Maps » ci-dessous vient à l’appui de cette assertion. Alors, le mystère s’éclaircit ? Rien n’est moins sûr, mais la croix de limite reste une hypothèse sérieuse.

Aigneville- Eglise Saint-Martin
Aigneville- Eglise Saint-Martin
Aigneville- Eglise Saint-Martin
Aigneville- Eglise Saint-Martin

Aigneville- "Agni villa", la ferme des agneaux

 

Au moyen âge, existait dans ce village un atelier d'extraction de silex. Les fondations de l'église Saint-Martin remontent au 11° siècle. Entre le silex et la brique, une petite croix en tuf, qu'un maçon bien inspiré a insérée dans le mur lors de sa reconstruction, est là pour les chercheurs d'insolite.

Aigneville-Hocquélus: première croix en tuf

Aigneville (Hocquélus)
Aigneville (Hocquélus)
Aigneville-Hocquélus
Aigneville-Hocquélus

Aigneville-Hocquélus :

Cette belle croix grecque figurait en 1998 sur la couverture de « Croix et Calvaires en Pays de Somme ». Nous avions alors choisi un angle inhabituel : la croix, vue par le paysan dans son champ, angle opposé à celui du promeneur sur ce chemin de terre, qui conduit au bois de la Jatte. Imaginant que ces blocs de pierre pouvaient servir de marche pour un éventuel pèlerin, qui se serait agenouillé là pour se recueillir. Nous avons été surpris de constater, 15 ans après, que la marche avait été reconstituée et que notre hypothèse n’était peut-être pas si erronée que ça. Nous avions surtout choisi cette croix parce qu’elle reflétait et symbolisait bien par son isolement sur le bord de ce sentier, le mystère de toutes ces croix en tuf. Aujourd’hui, le mystère concernant cette croix se dissipe un peu, quand un bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, nous apprend qu’à cet endroit précis de l’implantation de la croix, on a découvert des cercueils mérovingiens, (vers 1870) avec des jattes, sortes de poteries en terre, qui auraient donné le nom au bois; à la rue et au sentier qui nous y conduit.

Hocquélus, sentier de la Jatte

La dernière photo, à droite, nous montre le haut du fût. Evidée au sommet, comme bon nombre de croix (Frettemeulle, Oisemont, Citernes), la croix d'Hocquélus laisse apparaître de gros trous qui mettent en péril le haut de la croix. L'eau qui séjourne à laquelle s'ajoute le gel vont finir par la détruire complètement, si l'on n'y prend garde.

Aigneville-Hocquélus: 2° croix en tuf

Aigneville-Hocquélus- BM Abbeville
Aigneville-Hocquélus- BM Abbeville
Aigneville-Hocquélus- BM Abbeville
Aigneville-Hocquélus- BM Abbeville
Hocquélus (Aigneville): croisillon de la croix templière
Hocquélus (Aigneville): croisillon de la croix templière
Aigneville-Hocquélus
Aigneville-Hocquélus

 

 

 

 

 

 

 

 

Hocquélus (Aigneville)

 

L'abbé Louis Tételin, auteur d'une monographie d'Aigneville donne comme hypothèse pour l'implantation de cette croix, la limite des propriétés que possédaient les religieux de l'ordre de Malte. Ils avaient, en effet, une commanderie à Oisemont et des biens au grand Selve, commune de Buigny-les-Gamaches.

Arrest

Arrest- Croix faîtière
Arrest- Croix faîtière

Croix faîtière de l'église Saint-Martin d'Arrest

« Un matin, comme il s'en retournait par la courtine, il vit un gros pigeon qui se rengorgeait au soleil » –Un chevalier a bien pu passer sous la croix faîtière de l'église d'Arrest et, comme dans ce conte de Flaubert (La légende de Saint-Julien l'Hospitalier), son regard a croisé un de ces beaux pigeons, gras et roucoulant, qui de ses ailes déployées, s'est envolé vers la liberté...

Car cette église gothique Saint-Martin d'Arrest (XII° XV° siècles) est ornée d'un cadran solaire et d'une pierre portant une croix fleurdelisée en bas-relief, qui rappelle la chevalerie en science héraldique. Elle porte également cette croix pattée doucement courbée qui n'est peut-être pas en tuf, mais qui s'est imposée à l'oeil toujours aux aguets, a traversé l'objectif, pour enfin aller se glisser sur notre site. Elle rappelle par sa forme la croix des chevaliers de l'ordre de Malte, qui furent très présents du XVIe au XVIIIe siècle en Picardie, dans tout le nord de la France et jusqu'en Belgique.

"En 1671, Jérôme-François de La Chaussée, fils de Jérôme de La Chaussée, chevalier, vicomte dudit lieu, comte d'Arrest, et de dame Françoise de Sermoise, baptisé en l'église de Saint-Martin d'Arrest, diocèse d'Amiens, âgé de 12 ans, fut reçu pour être page à Malte."

Béhen- Au cimetière

Au cimetière de Béhen
Au cimetière de Béhen
Dessin de Gillard, vers 1860
Dessin de Gillard, vers 1860

Une 47ième croix en tuf au cimetière de Béhen

Nous avons longtemps pensé que cette croix en tuf dessinée par Gillard vers 1860 et dont il ne reste que le fût, avait disparu. Notre surprise fut grande de la retrouver au milieu du nouveau cimetière lors d'une visite en juin 2014. Il ne reste plus qu'a lui sculpter un nouveau croisillon sur le modèle de celui retrouvé aux Alleux et dont le livre "Le Pays du Vimeu" nous montre le dessin, reproduit ci-dessous.

Béhen- Le croisillon des Alleux
Béhen- Le croisillon des Alleux

Bourseville

Plaque de rue à Bourseville
Plaque de rue à Bourseville

Entièrement restauré par Jean-Mary Thomas, en 1975, le curieux monument est peut être d'origine païenne. Il a été adopté comme une croix par la population. Les élus ont appelé la rue où elle se trouve, la rue de la croix de pierre avec un joli dessin sur la plaque. La DRAC (direction des affaires culturelles) l'a classée monument historique, en 1998.

La croix mystérieuse de Bourseville
La croix mystérieuse de Bourseville

 Le monument de Bourseville, vu sous tous les angles

Cliquer sur les photos pour les agrandir

Cahon

Au cimetière de Cahon
Au cimetière de Cahon
Au cimetière de Cahon
Au cimetière de Cahon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cimetière de Cahon

 

Il est possible que cette petite croix de pierre soit la croix faitière d’une ancienne église. Enfouie dans vingt centimètres de terre, elle a été retrouvée par Marcel Becquet, le cantonnier, qui a proposé d’en faire la croix du nouveau cimetière, en 1978. Ce qui a été accepté par le conseil municipal. Un amas de silex lui sert de socle.

Au cimetière de Cahon
Au cimetière de Cahon

Le lichen apparaît sur le haut du fût comme sur bon nombre de croix de ce matériau, spécifique au Vimeu

Cambron- Sur la route Abbeville-Moyenneville

La croix qui corne, la plus célèbre de nos croix en tuf

La Croix qui corne- Cambron-Moyenneville
La Croix qui corne- Cambron-Moyenneville
Cambron- La croix qui corne
Cambron- La croix qui corne

Ch' pauve Médée, un ouvrier agricole avait séduit la fille du fermier. Chassé par celui-ci, il revient au village 40 ans après, méconnaissable, les enfants lui jettent des pierres et Médée se réfugie près des arbres à la sortie du village de Moyenneville à la limite de Cambron, pour s'évanouir et mourir. Lorsqu'il est découvert, son corps pétrifié se transforme en croix de pierre. Et depuis, la croix, qui possède quelques trous par lesquels le vent s'engouffre laisse entendre une plainte éternelle

La croix qui corne-Cambron
La croix qui corne-Cambron

 

Cambron

La croix, implantée sur la limite du territoire entre Cambron et Moyenneville est peut-être une croix de limite.

Ernest Prarond, historien, dans son livre : "Généralités sur le Ponthieu et sur l'arrondissement d'Abbeville", p. 111, imagine un triangle avec comme sommets: la croix de Frières, la croix qui corne de Cambron et celle des Croisettes. Ces croix seraient la limite d'un canton gallo-romain ecclésiastique, dont Moyenneville aurait été le chef-lieu

 

Pour connaitre la légende de la croix qui corne, cliquer ici ou sur la photo

Cambron- La croix qui corne. BM Abbeville
Cambron- La croix qui corne. BM Abbeville
Cambron- Dessin de L.Gillard- BM Abbeville
Cambron- Dessin de L.Gillard- BM Abbeville

La localisation de "la croix qui corne" avec "Google-Maps"

Cayeux-sur-Mer- La Mollière de Terre

Cayeux- La Mollière de Terre
Cayeux- La Mollière de Terre
Cayeux-La Mollière de terre
Cayeux-La Mollière de terre
Cayeux- La Mollière de Terre
Cayeux- La Mollière de Terre

 

 

 

 

 

 

Cayeux-La Mollière de terre

 

Si on fait attention à ce qui nous entoure, aux détails, le regard est transformé...la vie même ! On peut alors capter en plein vol la douceur, la précarité des choses, la sensation aiguë du temps qui passe, du raffinement dans la simplicité. Voilà ce qu'inspire au promeneur cette petite croix, si petite et si émouvante, qu'on pourrait bien passer à côté d'elle sans la voir ! Mais quel bonheur quand on l'a "dénichée" !

Cayeux-sur-Mer- La Mollière de terre- BM Abbeville- 1901
Cayeux-sur-Mer- La Mollière de terre- BM Abbeville- 1901

Cerisy-Buleux

Cerisy-Buleux- Aquarelle Oswald Macqueron- 12-04-1858- BM Abbeville
Cerisy-Buleux- Aquarelle Oswald Macqueron- 12-04-1858- BM Abbeville

Ces deux photos ont été prises, en 1980

Cerisy-Buleux-1995
Cerisy-Buleux-1995

 

Cerisy-Buleux

 

Vers 1995, on supprime les vieux tilleuls pour élargir la route Oisemont-Saint-Maxent et on déplace légèrement la croix qui repose sur un nouveau socle. De jeunes tilleuls, en 2011, lui font à nouveau de l'ombre

Cerisy-Buleux - 2011
Cerisy-Buleux - 2011

Cerisy-Buleux

Un souvenir tragique est lié à cette croix. Prarond (Histoire du canton de Gamaches) nous raconte cette histoire. Vers 1670, le seigneur de Buleux est accusé d’avoir assassiné un colporteur avec la complicité de son domestique. L’accusation était soutenue par le fermier de Béhen qui avait suborné quatre témoins. Le jugement allait être rendu, quand après un dernier interrogatoire, deux témoins se sont contredits, et un autre s’est jeté à genoux au milieu du tribunal pour demander pardon…et le seigneur de Buleux retrouva son honneur

Chépy

Chépy
Chépy
Chépy- Dessin d'après nature du 22-03-1884- BM- Abbeville
Chépy- Dessin d'après nature du 22-03-1884- BM- Abbeville

 

 

 

 

 

 

Chépy

 

Comme nous l'indique le dessin de la Bibliothèqe d'Abbeville (1884), la croix était érigée sur le chemin d'Aigneville, avant d'être déplacée au carrefour actuel, en 1975.

Citernes

Citernes
Citernes
La croix en tuf de Citernes
La croix en tuf de Citernes

 

 

 

Citernes

 

20 années séparent la photo ci-dessus avec la photo ci- contre et rien n'a changé, sauf que le cliché pris en 1990 était une diapositive alors qu' aujourd'hui la photo est devenue numérique et se met facilement sur un site internet visible par le monde entier.

Dans cette croix robuste avec son croisillon aux angles arrondis, il y a comme un parfum d'éternité.