CROIX ET CALVAIRES en Pays de Somme (suite)

Eglise d'Heudicourt: rare Christ en cuivre

Christ en cuivre dans l'église d'Heudicourt
Christ en cuivre dans l'église d'Heudicourt

SAINTE-SEGRÉE : une croix en pierre pour se souvenir

Sainte-Segrée- Sur le socle, cette inscription: "Au Ciel- 1885"
Sainte-Segrée- Sur le socle, cette inscription: "Au Ciel- 1885"

Sur le bord de la route qui nous conduit de Sainte-Segrée à Thieulloy-la-Ville, se trouve depuis 1885, cette croix en pierre, dont le fut et la traverse imitent l'écorce du tilleul.

Cette croix rappelle le souvenir de monsieur Maurice du Passage, décédé à cet endroit pendant qu'il donnait des instructions à ses bûcherons.

FOURCIGNY:  une jolie croix double avec volutes et fleurons et un socle imposant en fer forgé

Fourcigny 

La croix double de Fourcigny a son fût et sa traverse faits de deux montants parallèles qui forment deux rectangles, l’un horizontal et l’autre vertical. L’intersection du fût et de la traverse dessine un carré dans lequel le forgeron a inscrit la colombe du Saint-Esprit avec autour la couronne d'épines du Christ posée lors de son procès devant Ponce Pilate.

Chaque quadrant a reçu outre les rayons de la petite gloire, une flèche entourée de volutes qui rappelle celle du soldat romain transperçant le corps du Christ.

Le socle imposant, vieux de plus d’un siècle, entièrement en fer forgé, est l'œuvre d'un artisan talentueux.

Un tableau de la Crucifixion du 16e siècle dans la chapelle de Monflières (Bellancourt)

Tableau du 16e siècle dans la chapelle de Monflières (Bellancourt)
Tableau du 16e siècle dans la chapelle de Monflières (Bellancourt)

Ce tableau de la Crucifixion du 16e siècle se trouve dans la chapelle de Monflières, commune de Bellancourt près d’Abbeville. Voici un résumé de sa description minutieusement décrite par Emile Delignière dans le tome 8 des bulletins de la SEA, p.431.

 

La composition de ce tableau peint sur bois est classique. Le Christ au centre du tableau a la tête entourée d’un nimbe rayonnant. Au fond du tableau, on devine Jérusalem, la cité sainte avec ses murailles et ses tours. 

Au premier plan se trouvent les trois personnages que l’on retrouve dans chaque crucifixion: 

  • Marie-Madeleine, agenouillée à droite du Christ (pour le spectateur), est vêtue d’une robe verte et d’un manteau rose.

  • Les yeux baissés de la Vierge  témoignent de sa grande souffrance. Sa tête repose sur l’épaule de saint Jean. Vêtu d’une longue tunique blanche et d’un manteau de pourpre,  Jean a  le visage toujours imberbe et expressif.

 

La présence des autres personnages n’est pas habituelle dans une crucifixion. 

  • Saint Pierre est à côté de Jean. Il a l’allure d’un homme à l’âge respectable, drapé dans un ample manteau jaune

 

Revenons sur la gauche du tableau. Un centurion romain, appelé Longin, s’apprête sur son cheval à transpercer de sa lance le corps du Christ. Près de lui, se trouve un évêque qui pourrait être saint Nicolas ou saint Firmin. 

Les personnages agenouillés, à gauche comme à droite représentent les donateurs. A gauche, se trouve Nicolas de Maupin, seigneur de la Bouvaque, maïeur d’Abbeville, en 1502. A droite, figure, Pierrine du Four. Ces deux personnages ont leurs mains jointes sur leur prie-Dieu où figurent leurs blasons.

La jolie croix en fer forgé du clocher de BARLEUX est descendue à l'intérieur de l'église entre deux stations du chemin de croix d'Henri Bouchard

La croix du clocher, qui menaçait de s'effondrer, est maintenant protégée à l'intérieur de l'église
La croix du clocher, qui menaçait de s'effondrer, est maintenant protégée à l'intérieur de l'église

Bouillancourt-la-Bataille

La croix de Bouillancourt la Bataille
La croix de Bouillancourt la Bataille
Plan réalisé par Louis Duthoit en 1930 (Archives de la famille Duthoit)
Plan réalisé par Louis Duthoit en 1930 (Archives de la famille Duthoit)

Bouillancourt la Bataille

Nous devons cette croix de pierre du 17e siècle à la famille de Gouffier, propriétaire de la seigneurie de Bouillancourt. A l’origine, elle se trouvait dans le cimetière qui entoure l’église et a peut-être été protégée pendant la Révolution pour être réédifiée ensuite sur son emplacement actuel.

Si le socle en pierre est resté en l’état, le fût et son croisillon en pierre ont disparu lors de la bataille de 1918. Louis Duthoit est chargé par la commune de dresser une nouvelle croix identique à l’ancienne. Au centre du croisillon, était prévue la mention : IHS, (Iesus Hominum Salvator, Jésus Sauveur des Hommes) que le sculpteur a remplacée par un simple christ. Le chapiteau, quant à lui, a gardé les feuilles de chêne dessinées par l'architecte.

HOMBLEUX

Une croix de tombe dans le cimetière d'Hombleux
Une croix de tombe dans le cimetière d'Hombleux

CHAMPIEN

Champien

Depuis combien de temps est là cette grande colonne de pierre, peut être une croix de tombe, devenue la croix du cimetière? Croix oubliée qui s'élance dans notre grand ciel de Picardie, majestueuse, nourrissant la foi des croyants et provoquant l'admiration des autres?

FRESNES-MAZANCOURT: deux belles croix de chemin

Les croix en fer forgé de Fresnes-Mazancourt 

 

Les croix de chemin de Fresnes-Mazancourt sont devenues la propriété de la commune après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en 1905. Détruites pendant la première guerre mondiale, leur valeur a été incluse dans les dommages de guerre. 

En 1925, la commune confie la maitrise d’ouvrage de la reconstruction de l’église à l’architecte, Louis Duthoit, petit fils d’Aimé Duthoit. Mais les travaux ne démarrent pas tout de suite, et en 1928, Robert, le fils de Louis Duthoit qui travaille dans le cabinet de son père prend en charge le dossier et à partir de cette date, signe tous les plans. 

En 1932, une somme de 7700 francs est allouée pour le calvaire du cimetière et les deux croix de chemin. Seules ces deux dernières ont été érigées. Dessinées par Robert Duthoit, elles ont été réalisées par Jean Riva, artisan à Berny-en-Santerre.

Dessin signé par Robert Duthoit
Dessin signé par Robert Duthoit
Dessin signé par Robert Duthoit
Dessin signé par Robert Duthoit

Croix en fer sur la route de Berny-en-Santerre
Croix en fer sur la route de Berny-en-Santerre
Gros plan sur le croisillon de la croix sur la route de Berny-en-Santerre
Gros plan sur le croisillon de la croix sur la route de Berny-en-Santerre

La première croix de chemin, à la sortie du village sur la route de Genermont, présente un fût et une traverse double. Le cercle du croisillon est également double et dans chaque quadrant s’inscrit une spirale de fer, qui renvoie à l'ordre cosmique du soleil ou du déclin du jour. 

La croix de fer à la sortie du village en direction de Genermont
La croix de fer à la sortie du village en direction de Genermont
Gros plan sur le croisillon de la croix de Genermont
Gros plan sur le croisillon de la croix de Genermont

 La deuxième croix, sur la route de Berny-en-Santerre, comporte aussi un fût et une traverse, qui contiennent une croix en fer,  soutenue par un élégant socle toujours en fer forgé. Le croisillon est entouré d'un triple cercle de fer, d'où sortent des pointes qui évoquent la couronne du Christ.

DOUDELAINVILLE

Croix de chemin mise à l'abri dans l'église
Croix de chemin mise à l'abri dans l'église

La croix de chemin en fer forgé, vieille de plus de deux siècles, a réintégré les murs de l'église de Doudelainville.

Les grands fleurons, sous la forme de fleurs de lis, fixés aux extrémités de la croix nous donnent son époque: le 18e siècle.

MOLLIENS-AU-BOIS

La "Croix du Bâton" devant l'église de Molliens-au-Bois- Ph: Gilbert Delbrayelle
La "Croix du Bâton" devant l'église de Molliens-au-Bois- Ph: Gilbert Delbrayelle

 Molliens-au-Bois

 

La croix du bâton

 

En 1821, des jeunes gens de Molliens-au-Bois auraient un soir rossé le curé de la paroisse à coups de bâton, le laissant pour mort sur la route de Saint-Gratien.

Un an après, l’instigateur de cette forfaiture, Jean-Baptiste Sanier, dit Bâton, a été retrouvé mort à l’endroit précis où cette correction avait été infligée au curé. A cet endroit, les habitants du village ont élevé une croix  en grès appelée « la Croix du Bâton » sur laquelle est gravée au centre du croisillon, la date de 1822, recouverte aujourd’hui par des lichens. 

Cette croix existe toujours en 2019, mais elle a quitté son emplacement d’origine pour être transportée devant l’église, en avril 1980.

Source : « la revue du Pays des Coudriers, N°1, octobre 1990