Les plus beaux retables du département de la Somme

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Selon la définition classique, le retable est une construction verticale qui porte des décors sculptés ou des peintures en arrière de la table d'autel.

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Le retable de l'église de BECQUIGNY

le retable de Becquigny- Ph: Rémy Godbert
le retable de Becquigny- Ph: Rémy Godbert

 Les richesses sont à l'intérieur de l'église. Elle possède un Christ en croix de toute beauté, des vitraux représentant l’un Saint Martin, l’autre Saint Sébastien, du maitre verrier Jacques Gruber, et surtout un retable-autel que l’on peut dater du XVII° siècle. On pense qu’il proviendrait d’un collège de Jésuites d’Amiens, et il avait été installé dans l’ancienne église du cimetière dont nous avons parlé plus haut. Lors de sa destruction il a pu être déplacé et fut sauvé en trouvant sa place ici ; ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il semble que cette église a été construite spécifiquement pour lui. Il trouve en effet sa place et juste sa place au mur du chœur, ceci justifiant cela. C’est donc un ensemble très important en taille, et très décoré de nombreuses scènes de la bible. De plus il semble intact, dans un excellent état de conservation, ce qui est particulièrement rare pour ces mobiliers.
 
Le retable, comme son nom le suggère (du latin retro tabula altaris) est une construction verticale qui se dresse en arrière de l’autel ; à l’origine, il permet d’exposer des objets liturgiques, d’autant que la table de l’autel étant le symbole du Christ, il est interdit d’y poser quoi que ce soit. Il est aussi un rappel de l’antependium ou devant de l’autel, et a l’avantage, pour les fidèles, d’une meilleure visibilité. Il deviendra une œuvre d’éducation et un moyen de communication du message de l’Eglise, un peu comme avant les peintures murales et les vitraux. On y montrera donc des scènes de la bible, des Mystères et la Passion du Christ, sachant bien ainsi que l’écrit Saint Bernard que « un chrétien insensible au récit de la Passion n’est sauvé par aucune vertu », et que « chacun peut œuvrer à son salut ».

Extrait de la revue: "Le cercle Blanchard de Montdidier"

Becquigny: le tabernacle
Becquigny: le tabernacle

Le retable classé de l'église de VERS-SUR-SELLE

Le retable classé de l'église de Vers-sur-Selle autrefois encastré dans les lambris de l'abside. Classé en 1904.
Le retable classé de l'église de Vers-sur-Selle autrefois encastré dans les lambris de l'abside. Classé en 1904.
De gauche à droite: le baiser de Judas, le Couronnement d'épines, la Résurrection
De gauche à droite: le baiser de Judas, le Couronnement d'épines, la Résurrection
La descente de croix, l'Ascension, le portement de croix, la Crucifixion
La descente de croix, l'Ascension, le portement de croix, la Crucifixion
Le baptême de Jésus, la Flagellation, la Pentecôte
Le baptême de Jésus, la Flagellation, la Pentecôte

Le retable en bois de l'église de Saint-Brice à NAMPTY représentant le baptême de Saint-Jean-Baptiste

Le baptême de Saint-Jean-Baptiste- Eglise de Nampty
Le baptême de Saint-Jean-Baptiste- Eglise de Nampty

Le retable de l'église du CROTOY

Le retable de l'église Saint-Pierre du Crotoy

Ce retable retrace des scènes de la vie de saint Honoré. Il provient de la Chartreuse de Thuison (Abbeville). Parfaitement conservé, il est remarquable par la beauté et le fini du travail. Le relief est fortement accusé; les personnages du premier plan se détachent même complètement de l'ensemble, les groupes sont heureusement disposés et prouvent un véritable talent de la part des artistes qui ont sculpté ces bas-reliefs. Le sculpteur a utilisé les costumes d'époque. Ornements épiscopaux et sacerdotaux, habillements d'hommes et de femmes, coiffures, accessoires: tout est la marque du XVIe siècle. Classé le 14 juin 1898.

 PMH, Tome III, arrondissement d'Abbeville.p. 224

Eglise de VILLERS-CAMPSART: le retable de la Madeleine

Eglise de Villers-Campsart
Eglise de Villers-Campsart

Villers-Campsart : le retable de Marie-Madeleine

Le bas relief en bois qui orne le mur latéral droit provient de l’ancienne chapelle seigneuriale. Il était situé derrière l'autel de cette chapelle et a gardé le nom de retable.

 Marie-Madeleine couchée au milieu des rochers, tient un livre dans la main gauche. Dans un paysage très boisé, se dresse un château-fort dont les tours émergent des murailles, dominées par un donjon. Une tradition orale affirme que ce paysage représente la forêt et le château-fort d’Arguel.

A gauche, le petit personnage, agenouillé sur un prie-dieu armorié, est Jean de la Rivière, le seigneur du lieu. A droite dans la même position, se trouve Marie de Benserade, la châtelaine. La banderole porte en lettres gothiques cette sentence : « Vous qui péchez, ne désespérez point »

Bulletin de la SEA, tome 9, 1914, communication d'Achille Le Sueur

Le retable en pierre de MEHARICOURT est maintenant exposé au musée de Picardie

De gauche à droite, on distingue:

- l'arrestation de Jésus au Jardin des Olivers

- le Portement de croix

- la Crucifixion

- la Mise au Tombeau

- la Résurrection

"Le retable de Méharicourt mêle une fidélité aux modèles gothiques dans sa conception de l'espace, l'abondance des personnages à une assimilation du répertoire ornemental de la Renaissance"

Texte déposé devant le retable au musée de Picardie